mercredi 3 octobre 2007

LE CORDONNIER

Durant toute l'antiquité, Babylone garda le secret de la fabrication du maroquin.
Ce savoir fut ensuite le bien des Arabes qui l'implantèrent en Espagne.
Cordoue fut, au Moyen Age, le centre du travail du cuir de luxe, appelé en raison de son origine, cordouan.
Ceux qui le travaillaient furent les cordouaniers, qui devinrent rapidement cordonniers.
Les sueurs, du latin suere signifiant coudre, étaient les ouvriers de la chaussure.
Le développement des cordonniers engloba rapidement les sueurs.
La première qualité du cordonnier est de reconnaître la qualité du cuir, unique matière qu'il emploie. "Saint-Crépinien priez pour moi", a dit durant des siècles le cordonnier à ses saints patrons, tant la vie est dure pour un gagne-petit comme lui.
Son atelier est une modeste échoppe, et son établi une simple planche posée à même les genoux. Jusqu'au début du XIXe siècle, il fait les chaussures. Cela exige de nombreuses opérations exécutées sur les deux pièces principales, la tige et la semelle. La tige, formée de cuir, se compose de parties découpées sur des patrons variés, cambrées sur des formes appropriées, cousues entre elles par des piqûres et garnies de boutonnières.
La semelle, comprenant aussi le talon, est faite de cuir fort, cambré et fixé au bord de la tige. Ces pièces terminées, le cordonnier passe au montage puis au finissage, gardant toujours ce sens de la précision nécessaire à la bonne fabrication.



Le découpage du cuir se réalise à l'aide de tranchants et de couteaux complétés de pinces coupantes, les marteaux sont galbés. Poinçons et vrilles servent au cordonnier à percer le cuir pour préparer la couture qui se fait avec des alènes.
Celles-ci reçoivent un fil rendu plus résistant grâce à la poix dont il est enduit. L'astic, barre en bois ou en os, ainsi que les limes et râpes lui permettent de finir son ouvrage.






Jusqu'à la guerre de 1914, le port de la chaussure était un événement, voire une promotion sociale. Le sabot était la chaussure du pauvre, donc de tous les paysans.
Plus la chaussure était faite dans du gros cuir, plus elle avait de valeur en raison de sa solidité.
La première paire de chaussures vernies et montantes était protée le jour du mariage. On la gardait toute une vie, pour les baptêmes ou les enterrements. Le cordonnier la ressemelait, la ferrait pour la faire durer. La cirer relevait d'un cérémonial.
Bien souvent, l'échoppe du cordonnier était le lieu de rencontre et d'échange des nouvelles de tout le village. Petit à petit, le cordonnier devint marchand de chaussures, fabriquées de plus en plus industriellement. Ou alors, lorsque la fortune ne lui avait pas souri, il était simplement ressemeleur et réparateur.
Le métier n'a jamais entièrement disparu, car le port de la chaussure, durant tout le XXe siècle, n'a cessé de se développer.





vendredi 24 août 2007

Le peintre en bâtiment et le peintre en lettres

Si le fresquiste et l'artiste peintre oeuvrent pour expliquer et raconter avec leur propre personnalité, le peintre en bâtiment travaille pour protéger et embellir.
Mais dans ces professions, artistes et artisans se rejoignent par la similitude des matériaux et des outils employés ainsi que par l'ancienneté de la profession.
Afin de durer plus longtemps, le bois, matière vivante exposée aux intempéries, comme dans les portes et les volets, doit être recouvert d'une couche protectrice de vernis ou de peinture et même de goudron pour les bâteaux. Les murs plâtrés, ou enduits à la chaux, et les plafonds reçoivent une couche de peinture pour les conserver propres et les rendre plus gais.
Quoi de plus tentant pour un habile artisan que d'y adjoindre des motifs décoratifs ou d'imiter des effets de matières recherchées, tels le marbre ou le bois. De plus, il est souvent sollicité pour réaliser les inscriptions des façades de magasins.









En ville, en raison de l'importance des demandes, le métier se scinde en différentes branches : peintres en bâtiments, peintres en lettres, décorateurs.
Dans les gros bourgs, un seul artisan assume toutes ces fonctions, son savoir n'en est que plus étendu. Le charron ou le bourrelier font d'ailleurs appel à ses services pour peindre la charrette ou enjoliver le bois du collier du cheval.











Grâce à un relatif bien-être rural, le métier de peintre se développe considérablement dans les campagnes. L'industrialisation de la fabrication du papier peint lui fournit une nouvelle source d'activité. Il est également chimiste, préparant lui-même ses peintures en le broyant à l'huile d'oeillette ou à l'huile de lin.
Il les pilonne dans un mortier de fonte, puis les tamise dans un tamis tambour, le protégeant ainsi des poussières. Certaines couleurs nécessitent un triple broyage. Les ayant dosées, il les détrempe à la colle, au vernis, à l'alcool, à l'huile ou à l'essence. Pour que sa peinture brille davantage, il passe une couche de vernis lorsqu'elle est sèche.










Pinceau, spécialement utilisé pour la peinture au pochoir.












Son outillage se compose de brosses : brosses à quartier, qui sont les plus grosses, brosses à main, brosses d'apprêt ou taupettes.
Elles sont faites de soie grise de sanglier ou de porc. D'autres, plus fines sont appelées brosses à rechampir, brosses à filets. Les queues-de-morue sont des brosses plates.
Il utilise aussi les couteaux à enduire, à reboucher, à mastiquer, à feuillures, à palettes, les grattoirs et les fers à dégager. Pour imiter le bois en peinture, on se sert de peignes en cuir ou en bois.






Pour le peintre en lettres, les pinceaux en martre, en poils de veau ou en petit-gris sont à bout carré pour les pleins et les déliés des lettres, et à bout pointu pour la finition.
Le peintre en bâtiment n'est à son atelier que pour préparer les couleurs. Il part sur le chantier avec ses échelles, ses pots de peinture et tout son matériel. Souvent, sa femme tient boutique. Avec e développement de la chimie, la gamme de ses couleurs augmente. A la fin du XIXe siècle, il commence à acheter ses peintures déjà préparées, c'est l'ère Ripolin et Valentine. Il propose à sa clientèle, sur catalogue, la gamme des papiers peints qui iront orner la nouvelle salle à manger ou le salon.

mardi 24 avril 2007

CHEVRERIE DE Valérie MOREAU à MEJANNES LE CLAP

J'ai visité la chèvrerie de Valérie MOREAU

A MEJANNES LE CLAP (gard)

Ancienne école
30430 méjannes le clap

04*66*54*03*74
06*88*92*79*05


Ferme pédagogique également.
La ferme pédagogique est destinée à accueillir des enfants et des adolescents dans le cadre de leur scolarité ou d'activités extra scolaires.
En lien avec l'enseignant, l'agriculteur met en place un projet pédagogique adapté au programme scolaire.
L'activité de la ferme et son environnement deviennent alors des supports de découverte et de connaissance du vivant, permettant aux enfants d'ancrer les connaissances dans le réel et le concret..

Valérie MOREAU, titulaire BAFA et BAFD, et son équipe propose : connaissance des chèvres et de la conduite de troupeau, sensibilisation et respect du milieu naturel, découverte d'une unité de production alimentaire.
Alimentation et soins aux animaux.
Accompagnement du troupeau en pâturage.
Fabrication de fromage.





La chèvre est un animal intelligent, vif et hardi : elle n'hésite pas à grimper dans les arbres ou en haut d'un rocher pour atteindre les végétaux qu'elle convoite. En cela elle ressemble à son cousin sauvage, le bouquetin.

On dit de la chèvre qu'elle est têtue, capricieuse et même querelleuse! Et c'est vrai que, dans un troupeau, il y en a toujours qui se chamaillent : elles s'affrontent tête contre tête, c'est une de leurs façons de s'exprimer entre elles.

Et pourtant, la chèvre a plutôt bon caractère et se laisse facilement apprivoiser. A tel point qu'il arrive que des bergers dressent des chèvres pour qu'elles mènent leur troupeau de moutons au pâturage!










En France, il existe 6 grandes races de chèvres qui se reconnaissent à leur couleur, la forme de leurs cornes et leur taille. Les deux races les couramment élevées pour leur lait sont la chèvre Alpine (ou Alpine chamoisée) et la chèvre Saanen.

*** L'Alpine chamoisée, originaire des Alpes, elle doit son nom à sa ressemblance avec la chamois. Pelage brun-roux plus ou moins foncé avec une ligne noire sur le dos. Très répandue en France pour la production de lait.


*** La Poitevine a un pelage de couleur brune marqué de blanc au ventre, aux pattes et à la tête. Très nombreuse autrefois en Poitou, plus rare et protégée aujourd'hui.

*** La chèvre de Rove vient de Provence et de Corse. Elle se satisfait des végétaux des zones arides. Elle possède de grandes cornes de taille parfois impressionnante.

*** La chèvre Angora est élevée pour ses poils longs et soyeux que l'on tond deux fois par an et avec lesquels on fabrique une laine très fine, le célèbre mohair.

*** La Saanen est d'origine Suisse. Au pelage entièrement blanc, c'est la race la plus grande. Cette race laitière se trouve dans toutes les régions de France.

*** La Pyrénéenne a des poils longs, bruns ou noirs, parfois blancs. Ses cornes retombent vers le bas. Cette race est aujourd'hui protégée parce qu'elle est devenue rare.










La chèvre rumine, ce qui lui permet de digérer les plantes les plus coriaces.

En été, les chèvres broutent dans les prairies. Elles sont gourmandes : elles aiment toutes les plantes sauvages odorantes come la sauge, le thym ou le romarin, qui parfumeront son lait et ses fromages.

Elles mangent aussi la luzerne, le foin, des pois, du soja, de l'orge, de l'ensilage de maïs...







On a observé que, sur 600 plantes, la chèvre en mange 460 tandis que la vache n'en apprécie que 330 ce qui fait de la chèvre le ruminant le plus facile à nourrir.











La chèvre produit du lait pendant les 10 mois qui suivent la naissance d'un chevreau et cela à chaque naissance, puis elle se repose en attendant la prochaine mise-bas.

Dans la nature, le chevreau têtera pendant de nombreux mois, même lorsqu'il a déjà commencé à brouter.

Dans un élevage, les chevreaux boivent le lait que leur apporte l'éleveur car le lait des chèvres est réservé pour faire du fromage.

Matin et soir, les chèvres ont besoin d'être traités pour soulager leurs mamelles pleines de lait.

Le lait de chèvre est rapidement réfrigéré contre les microbes en attendant d'être récolté par le camion de la laiterie ou bien d'être transformé en fromage à la ferme.













Une chèvre donne de 2 à 2,5 litres de lait par jour, soit en moyenne 700 litres de lait par an.

Il faut 7 litres de lait pour faire 1 kg de fromage de chèvre.









*** A deux mois la chevrette est sevrée, elle ne reçoit plus de lait et mange du foin, des céréales, commes les chèvres adultes.


*** A sept mois, la jeune chèvre est saillie pour être fécondée. La chèvre fécondée porte son ou ses futurs chevreaux pendant 5 mois.


*** A douze mois, elle donne naissance à 1 ou 2 chevreaux. Elle se met à produire du lait et cela durera 10 mois.





*** A dix neuf mois, 7 mois aprés la naissance de ses chevreaux, la chèvre est à nouveau saillie et fécondée.

*** A vingt mois, durant 2 à 4 mois, la chèvre n'est plus traité : son corps se repose en attendant la naissance des prochains chevreaux.






*** A vingt-quatre mois, nouvelle mise-bas : la chèvre se remet à produire du lait.


ET AINSI DE SUITE...







Faire du fromage du chèvre :


1* faire cailler : pour faire cailler le lait, on y ajoute des ferments et de la présure, substances qui font coaguler le lait en 24 heures.


2* mouler le caillé : le caillé bien pris est déposé à la louche dans des faiselles, moules de différentes formes percés de trous qui laissent échapper le petit lait appelé lactosérum.
Le caillé s'égoutte et prend la forme du moule en se tassant.
L'égouttage dure de 24 à 48 heures selon la taille et la forme du moule.



























3* démouler et saler : les futurs fromages sont démoulés puis salés ou roulés dans un mélange de sel et de poudre de charbon de bois pour leur donner un aspect cendré.


4* faire sécher : les fromages sont laissés 1 à jours dans une pièce très ventilée où le courant d'air fait évaporer leur eau de surface.


5* affiner : les fromages sont déposés sur les grilles appelées claies dans une cave où ils vont mûrir durant 1 à 5 semaines, selon la consistance et le goût souhaités.
Durant l'affinage, le fromager surveille et retourne régulièrement les fromages.


6* vente du fromage : à 8 jours, il est encore blanc, tendre, son goût frais est acidulé.
- à 2 semaines, plus ferme, il commence à avoir une croûte. Son goût de fromage de chèvre apparait.
- à 4 semaines, la pâte est devenue bien dense, sèche et cassante. Son goût est bien fort.







Près de 100 sortes de fromages de chèvre existent!

En ronds, en bûches, en pyramides, en briques, en palets ...

Le plus petit des fromages de chèvre s'appelle le bouton de culotte. Il est fabriqué à côté de Dijon.

Certains sont cendrés, d'autres sont saupoudrés d'aromates ou d'épices ou enveloppés dans une vraie feuille d'arbre ou encore conservés dans des bocaux avec de l'huile d'olive.


On trouve aussi des fromages dans des boîtes rondes et qui ressemblent au camembert.












ELOCUTION THEATRALE : prononcer à toute vitesse sans se tromper :

"Le béguètement est le cri de la chèvre. Elle béguète et le bêgue bégaie".

METIERS OUBLIES ... LE CARRIER


La pierre est étroitement liée à la vie humaine. On fit les premières armes avec des pierres.
Le feu naquit du frottement de deux pierres et les premiers foyers ne furent que des empilements de pierres.
Quant aux premiers murs, ils furent montés 3 000 ans avant notre ère.

ci-contre : à l'aide de la barre à mine, l'ouvrier fait pivoter le bloc de pierre.




De grands rassemblements d'artisans se forment sur le lieu de la carrière. Le carrier se sert avant tout de marteaux de tailles et de poids divers. Il emploie des coins et des barres à mine : longues barres de fer servant de levier.
Des rouleaux de bois, utilisés pour le déplacement des blocs de pierre, et les crics lui permettent de les dresser. En raison de la dureté de la matière travaillée, tous les outils du tailleur de pierre sont en fer et particulièrement lourds à manipuler.







En raison de la diversité des sols, on fit des carrières à ciel ouvert et des carrières en galeries. Le travail était différent en fonction de la dureté de la pierre. Selon la difficulté du transport, on recherchait la carrière la plus proche pour la réalisation de la maison, mais la pierre et le marbre servaient aussi pour la sculpture et le revêtement luxueux des murs.
Le marbre de Carrare, en Italie, était spécialement recherché. La construction des routes, qui se développa durant tout le XIXe siècle, nécessita l'ouverture de nombreuses carrières pour leur empierrement.
Lors du développement des villes, les tailleurs de pierre devenaient tellement nécessaires qu'ils formaient, par leur spécialisation, une véritable corporation.







ci-dessus :
carrière à ciel ouvert de Comblanchien (Côte-d'Or).
La pierre est extraite et taillée sur place. Aux efforts physiques des ouvriers, vient s'ajouter un début de mécanisation encore précaire. Toutefois, un homme marche encore inlassablement dans la roue (dite roue d'écureuil) pour la faire tourner et actionner ainsi le treuil de carrier.

lundi 2 avril 2007

METIERS OUBLIES ... LA LAVANDIERE

Le mot lavandière est lié à celui d'eau fraîche, de source et de linge qui sent bon la lavande lorsqu'il est soigneusement repassé et empilé dans l'armoire.
Chaque village a son lavoir couvert près d'une fontaine ou d'une rivière.
La lavandière commence par faire tremper son linge dans l'eau. La plupart du temps, il subit un premier savonnage. Puis il est entassé dans un cuvier, en commençant par le linge fin. Le tout est recouvert d'une grosse toile nommée cendrier, ou charrier, sur laquelle on étale une couche de cendres. on y verse alors de l'eau bouillante qui fait dissoudre le carbonate de potasse et traverse tout le linge. La lessive s'écoule par un trou ménagé à la partie inférieure du cuvier ; on la réchauffe dans la chaudière et on la fait de nouveau passer sur le linge.




ci-contre : Planche à laver sur laquelle on frotte le linge.
La lavandière lave ensuite son linge à l'eau courante. Elle le fait à la source, à la mare, le long du ruisseau ou de la rivière. Le lavoir peut être construit ou même aménagé en bateau-lavoir amarré à la berge. La lavandière se sert de son bac, appelé garre-genoux, pour s'y accroupi, et de son battoir pour battre le linge. Un gros savon et une brosse complètent son outillage.
Une fois lavé, il faut essorer le linge, puis le faire sécher. Le métier, pratiqué quelles que soient les conditions météorologiques, est des plus durs. Le lavoir, souvent situé loin de l'habitation, nécessite de longs voyages à la brouette, et les petites filles aidaient très tôt leur mère à transporter le linge.
Il arrivait que l'on ne fasse qu'une grande lessive de draps et torchons, une fois par an. C'était là un évènement mobilisant toutes les énergies. Et il en fallait pour mouvoir ces lourds draps de lin dans l'eau claire.
Le lavoir était le lieu privilégié des rencontres féminines, un peu comme le café pour les hommes. Les nouvelles du village circulaient vite et les langues allaient bon train.



ci-dessus : Au bord de la rivière, les laveuses, agenouillées dans leur "carrosse", caisse où l'on met de la paille, savonnent leur linge puis utilisent le battoir.

METIERS OUBLIES ... LE MATELASSIER

Durant des siècles, on dormit sur des paillasses bourrées de varech, de balle d'avoine ou de paille.
Elles étaient posées directement sur le bois du fond du lit, lit ordinaire ou lit clos. Le matelassier permit d'introduire un plus grand confort dans les foyers. Les matelas furent alors remplis de crin, de bourre ou de laine.
Le matelassier se rend dans les fermes pour les rénover. Il redonne à la laine sa souplesse d'origine en la cardant. Les cardes plates sont des planches de bois munies de dents métalliques recourbées en sens inverse.
L'artisan se sert aussi d'une planche horizontale, sur laquelle il s'assied, ou d'une carde circulaire faite d'un grand tambour tournant, autour duquel des cylindres fonctionnent à des vitesses inégales. La laine ou le crin sont ainsi aérés.




ci-contre : peigne à carder.

Le plus souvent, la boutique du matelassier se trouve sur la place du village et, le jour du marché, les agriculteurs lui apportent leurs matelas à rénover.

Par la suite, chaises et fauteuils Voltaire entrent dans les fermes ; le matelassier les rembourre aussi lorsque cela est nécessaire.

METIERS OUBLIES ... LA BRODEUSE ET LA DENTELLIERE

Voici un des rares métiers artisanaux féminins des plus anciens et couramment pratiqué en France depuis le Moyen Âge.

Le métier de dentellière nécessitait un très long apprentissage que l'on devait commencer jeune, afin d'acquérir une grande dextérité.
Les dentellières sont professionnelles, ou pratiquent un artisanat saisonnier.



Quelle patience fallait-il avoir pour créer des voiles les plus légers évoquant des fleurs ou des formes géométriques variées.
Certaines régions ou villes en tirèrent leur réputation.
Alençon, Bruges, Chantilly, Malines, Valenciennes, le Puy ou encore Gênes se spécialisèrent chacune dans des styles et des techniques très différents.


ci-contre :
une coiffe tourangelle, aux motifs floraux stylisés, posée sur une marotte.






Chaque région, voire chaque village, a ses costumes de fête spécifiques. Les dentelles faites de fils très fins s'entrecroisant sont réalisées à l'aiguille, au fuseau ou au crochet. La dentelle a l'aiguille nécessite préalablement la réalisation d'un patron sur papier. En suivant ce tracé, les fils du bâti forment le support sur lequel viennent se fixer les autres fils donnant la dentelle.
Les fuseaux sont croisés sur un métier, appelé tambour, carreau ou coussin, sur lequel le motif est indiqué par des aiguilles de couleur que l'on déplace au fur et à mesure du travail.



Toutes les classes de la société raffolèrent de la dentelle pour enrichir l'habillement civil, militaire ou religieux, pour décorer l'habitat ou pour embellir le linge de maison (draps, taies d'oreiller, serviettes, etc...).
Il est touchant de penser que les femmes, après avoir travaillé dix à douze heures à la ferme ou aux champs, prennent la peine de broder ou de faire de la dentelle le soir afin de réaliser le voilage et l'habillement du nouveau-né, créant ainsi un environnement d'espoir et de joie dans une époque particulièrement difficile.





Les classes populaires rurales se distinguent, les jours de fêtes, par la beauté de leurs coiffes et de leurs vêtements. Le désenclavement des campagnes et les petits prix des vêtements industriels entraînent la normalisation du costume et conduisent progressivement au déclin puis la disparition du métier de dentellière.

vendredi 23 février 2007

LES TRACES DU SOUVENIR

Le premier outil de l'homme, c'est la main ; le deuxième, l'intelligence.
Avec sa main, il prend et tient les objets. Cette main devient alors une arme ou un ustensile.
Grâce à son intelligence, il transforme, perfectionne et découvre des utilisations insoupçonnées à l'origine.
Après avoir bu l'eau de la source, à la bouche puis dans le creux de la main, l'homme se saisit de la corne de boeuf ou du coquillage. Enfin, il invente le récipient :
L'ARTISAN EST NE.
L'homme a forgé l'outil pour combler les impératifs vitaux auxquels il faut répondre : se nourrir, se vêtir, se protéger, et quelquefois se battre.
La complexité des besoins excite les prouesses de l'imagination créatrice.
La panoplie se diversifie, se spécialise, s'étoffe, selon que s'assemble, maillon après maillon, la longue chaîne du savoir.
Les outils donneront naissances aux productions surhumaines et robotisées du XXe siècle.
En raison de sa qualité, l'oeuvre de l'artisan accompagne quotidiennement plusieurs générations.
L'artisan d'hier a amené le savoir d'aujourd'hui. Il fut le creuset d'où est sorti le progrès.
Les artisans ont, à travers les plus grandes difficultés, défini les rapports harmonieux avec la nature et établi une très grande solidarité avec leurs semblables.
Leur grand savoir, transmis par expérience, a laissé bien peu de traces aujourd'hui.
Elles n'en ont que plus de valeur émotive et elles forcent le respect.

lundi 12 février 2007

RECETTE ARTISANALE TRUFFES A LA CREME


TRUFFES A LA CREME



Pour une douzaine de truffes




Ingrédients :
*************
* 1/2 l de crème fleurette
* 750 gr de couverture noir 55%
* 200 gr de poudre de cacao 100%
* 250 gr de poudre de cacao pour la finition





Faire fondre au bain marie la couverture concassée.
Incorporer au fouet électrique la crème fleurette et aérer le tout.
Mettre au réfrigérateur 1 ou 2 heures.
Faire avec une cuillère à bouche des boules moyennes que l'on roulera dans la couverture fondue puis dans la poudre de cacao 100%.

ATELIER DE CUIR MAROQUINERIE


J'ai visité
l'Atelier de Cuir Maroquinerie
de Françoise SAYET


à MEJANNES LE CLAP (gard)




Création de sacs, ceintures, cartables, porte-monnaie, portefeuilles, étuis à portable, à appareils photos ...etc




L'atelier de cuir fonctionne de façon traditionnel dans le pur respect d'un haut travail artisanal.


Tous les objets sont créés et fait mains.


Le travail est réalisé sur mesure rendant les commandes des clients personnalisées et uniques.


ATELIER DE CUIR ET MAROQUINERIE

Rue du Vieux Village
30430 Méjannes-le-Clap


Tél.: 04.66.24.41.65



Horaire d'ouverture :
* de Noël à Pâques : du lundi au vendredi de 10 h à 12 h et de 15 h à 19 h.
* de Pâques à Noël : 7 jours sur 7 même horaires.
***TÉLÉPHONER AU PRÉALABLE EST RECOMMANDE***



Le cuir de vache et de veau est utilisé pour la confection des articles.

Les doublures sont en peau de chèvre et de porc.




Françoise SAYET exerce
ce métier depuis 1975.


La réalisation d'un sac
oscille entre 6 à 20 heures de travail.

L'ARTISANAT DANS TOUS SES ETATS: CARTES POSTALES EN FLEURS SECHEES ET DENTELLES

CARTES POSTALES EN FLEURS SECHEES ET DENTELLES

CARTES POSTALES EN FLEURS SECHEES ET DENTELLES


UN PEU
D'HISTOIRE :
En 1865 Le Prussien Von Stephan propose sa première carte postale.
En 1869 L'Autrichien Hermann l'impose.
Le 20 Décembre 1872 la loi de finance officialise la carte postale française non illustrée.



Entre 1850 et 1867 les premières cartes touristiques parviennent en France.


En 1891 on attribue au marseillais Dominique PIAZZA, la paternité de la première carte postale photographique.




Avec l'exposition universelle de 1900, la carte postale inaugure une ère de prospérité. La production passe de 100 millions en 1910 à 800 millions en 1914. Les collectionneurs de plus en plus nombreux s'organisent en clubs, les expositions se multiplient.






Un siècle après la première exposition mondiale des cartes postales, à Venise en 1894, le musée des arts et traditions populaires propose, en 1978, une exposition intitulée "La Carte postale".







En 1994 le premier CD-ROM sur la Carte Postale est créé et présente la collection Meillassoux.




Ces cartes postales sont réalisées entièrement à la main décorées de vraies fleurs séchées et de dentelles.

Elles sont proposées à la vente au prix de 15 Euros TTC les 5, frais de port compris.

Un papier blanc à l'intérieur permet d'écrire vos missives et une enveloppe l'accompagne.






Vous êtes intéressés contactez :
ATTENTION, ces cartes postales artisanales sont des pièces uniques (elles sont toutes différentes) et nous ne pourrons pas satisfaire de grosses commandes, nous ne sommes pas une usine et prônons avant tout le travail artisanal.



lundi 5 février 2007

METIERS OUBLIES ... LE CHAUDRONNIER ET L'ETAMEUR

L'outillage se compose de nombreux marteaux à dégrossir, à emboutir, à dresser, à planer.
Le Chaudronnier est l'artisan qui fabrique, vend, répare des chaudrons, des objets en cuivre. C'est aussi un ouvrier qui travaille les métaux en feuilles.


L'Etameur est l'ouvrier qui étame (recouvrir un métal) d'une couche d'étain qui préserve de l'oxydation.



photo : Réparateurs de chaudrons devant leur roulotte.

Le Chaudronnier a toujours eu une image sympathique.

Le bon chaudron était à la base de la bonne cuisine. Et c'est dans le chaudron que l'on préparait les confitures.


La qualité de la réalisation en cuivre égayait les murs de la cuisine. La corporation remontait à Charles V. Les Auvergnats se spécialisèrent dans ce métier, et les fromages se firent dans des chaudrons gigantesques.
Les artisans étaient ambulant.


En raison de la grande demande d'ustensiles en cuivre, allant jusqu'aux bassinoires pour réchauffer les lits l'hiver, des bourgs tels que Villedieu-les-Poêles se spécialisèrent dans cette production. Mais le progrés allant trés vite, les quincaillers répondirent aux goûts des clients en leur vendant des ustensiles en tôle émaillée, dès le début du XXe siècle. Les produits alimentaires manufacturés, comme le café, le sucre et le poivre, étaient eux aussi vendus en boîtes de tôle, finement décorées. Ils permettaient ainsi d'orner le dessus de la cheminée.


Le Chaudronnier, dont le métier est indispensable à la vie, devient progressivement un artisan d'art (la soupe aux choux ne se fait plus dans la marmite!) et ses nombreux marteaux perdent leurs noms spécifique. Chaque famille conserve ces chaudrons, objets transformés en éléments décoratifs dans les cuisines d'aujourd'hui.

vendredi 2 février 2007

METIERS OUBLIES ... LE FERBLANTIER

( de gauche à droite)
* Epi de faîtage en zinc
* Fer à souder
* Bassine en cuivre
* (en dessous de la basine) Gargouille en tôle mise
en fin de gouttière
* (en dessous de gauche à droite) Fer à souder
* Burettes à huile en tôle
* Cisaille droite










Le ferblantier est la personne qui fabrique, vend des objets en fer-blanc.




Le ferblantier joua un rôle important parmi les artisans du métal au XIXe siècle.


ci-dessus : le réparateur de fer-blanc avec sa famille.


Petit métier itinérant, le ferblantier transporte ses outils, ciseaux, cisailles, fers à souder, et sa petite forge.


Grâce au perfectionnement du laminoir, le métier se développa au début du XVIIIe siècle en Angleterre et en France. Dés le XIVe siècle, l'Allemagne détenait le secret du laminage, vendant ainsi le fer-blanc à l'Europe.

Par martelage, les Allemands étaient parvenus à transformer des barres de fer en feuilles de tôle qui, une fois décapées, subissaient deux étamages en étant immergées dans un bain d'étain. Grâce à un laminoir composé de deux cylindres d'acier tournant en sens inverse, l'industrie du fer-blanc était née.


Le ferblantier se consacra surtout à la réalisation des ustensiles de cuisine. Durant tout le XIXe siècle, ceux-ci concurrencèrent tout ce qui avait été fait précédemment en cuivre, en étain et en bois.


L'éclairage extérieur des fermes et des granges se faisait à la lanterne, réalisée dans des formes les plus originales et les plus artistiques. Pour éclairer les églises et les processions, il y avait aussi des lanternes (à placer sur les autels), des palmes en tôle, des chandeliers et , pour la maison, des bougeoirs.


Les outils utilisés sont assez simples, enclume ou bigorne, ciseaux et cisaille, marteaux et fers à souder. Le ferblantier fait aussi des chaufferettes pour les pieds, des arrosoirs, des bidons à huile.


Les machines-outils apparaissant rapidement, le métier artisanal deviendra progressivement industriel et les produits vendus chez les quincaillers. Faites avec de petis moyens, les oeuvres furent bon marché; elles furent très répandues et devinrent indispensables à une multitude de personnes.